[1] Thème du mois:   L’homosexualité dans la littérature africaine contemporaine

J’ai décidé d’ouvrir le blog ‘Traces métisses’ en vous présentant 3 friandises littéraires qui abordent la question de… l’homosexualité ! Nous avons Le meilleur coiffeur de Harare par Tendai Huchu (Zimbabwe), Autour de ton cou de Chimamanda Ngozie Adichie (Nigeria) et 39 rue de Berne de Max Lobe (Cameroun). Mais rions d'abord un peu avec la comédienne camerounaise Ruby qui évoque ici des préjugés qui ont la peau dure.


Cliquez sur les images pour découvrir les livres et surtout n’oubliez pas d’ajouter vos commentaires en bas de page. Merci!


Le meilleur coiffeur de Harare

de Tendai Huchu

 Le cliché du coiffeur surdoué homo

Autour de ton cou

de Chimamanda Ngozi Adichie

 A bas les clichés!

39 rue de Berne

de Max Lobe

 L’audace de la tête brûlée



L’homosexualité vue par des auteurs africains, pourquoi en parler sur ce blog ? 

 

Non pas parce que ce sujet n’est pas encore rassis comme le pain de cent francs cfa qui a  vécu plus de 24 heures (sensationnalisme=0). Il ne s’agit pas non plus d’ouvrir ici un débat sur l’homosexualité en Afrique (politique= pas mon but) bien qu’il y en aurait des choses à dire… Si vous cherchez des chiffres, des faits,  si vous voulez procéder à un état des lieux sur ce sujet sociologico-politico-familial, haut les cœurs… et rendez-vous sur les reportages suivants que j’ai particulièrement appréciés.



Défrichons un peu ce terrain...

 

HOMO, HOMOSEXUEL, LESBIENNE. Ces adjectifs que l’on prononce sans ciller dans la ville européenne où je vis, sonnent, me semble-t-il, de plus en plus comme des invectives que l’on se chuchote ou s’assène, dans le pays où je suis né. Loin de moi l’idée de généraliser de manière crasse. Afrique : homophobe. Europe : homophile. Ben non ! D’abord ‘homophile’, ce néologisme  sonne un peu comme hémophile. La définition en serait : Cœurs saignants, voire dégoulinants de pseudo-bonnes intentions qui seraient fiers d’aimer les homosexuels parce qu’ils sont homosexuels? Si ce mot existait,  il me rappellerait un peu les gens qui déclarent haut et fort qu’ils aiment les noirs tout simplement car ils sont… noirs. Ainsi, moi-même qui vous parle, je vous le dis, je ne suis pas hémo-homophile. Comme vous, je rencontre des êtres humains chaque jour qui sont peut-être homo, ou peut-être pas. Mes convictions profondes me mènent à les traiter comme des êtres humains avant de me poser la question de pratiques sexuelles qui ne me regardent pas à moins que l’on ne m’en fasse part… Mais je ne suis pas homophobe non plus ; Ah non, surtout pas ! Ce sujet me parle car il touche aux préjugés et donc au respect d’autrui, thèmes qui me sont si chers. Voilà qui est dit. Venons-en à ce qui nous occupe sur ce blog : la littérature.

 

Nuances

 

Si je veux parler d’homosexualité en littérature africaine, c’est parce que l’image d’une Afrique uniformément homophobe peut manquer cruellement de nuance. Les romans que je vais vous présenter ce mois-ci  exposent des souffrances, des combats mais aussi des éclats de rire. Il faut connaitre un être humain pour l’aimer. Les étiquettes nous éloignent trop souvent de la vérité. La littérature, elle, dévoile les âmes.

Un proverbe de chez moi dit : ‘ les morsures du fouet disparaissent, la trace des injures, jamais’. Même si je crois fermement que l’on peut avancer dans la vie quel que soit le traumatisme subi, et que je salue mes frères et sœurs homosexuels qui ont pu se relever d’oppressions et de tortures subies en Afrique et ailleurs, je vous appelle en passant que vaut mieux ne pas blesser. Exprimons nos pensées, réactions et opinions dans le respect. 

Bonne lecture en cliquant sur les couvertures ! 

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Comments: 3
  • #1

    Dominique Bourqui (Thursday, 05 January 2017 20:49)

    Ce sera 39 rue de Berne de Max Lobe pour moi! Merci Estelle de nous faire voyager et changer de perspective grâce à tes conseils de lecture!

  • #2

    Fatou (Friday, 06 January 2017 19:49)

    Il est courageux pour ces auteurs d'aborder un sujet si tabou et difficile en Afrique. Dépassant mes préjugés moraux et religieux, j'ai reconnu en quelques homosexuels que je connais des êtres humains...Loin d'accepter cette pratique je réalise qu'elle connait une expansion fulgurante en Afrique. Entre homosexuels naturels et sincères et ceux qui le deviennent on peut poser la question de la tolérance. Doit-on condamner ceux qui n'acceptent pas l'homosexualité?
    Je suis tentée par le meilleur coiffeur de Harare

  • #3

    Anouchka (Wednesday, 15 March 2017 14:39)

    L’occupation coloniale au Cameroun s’achève en 1960, quatre ans après la publication de Une Vie de Boy écrit par Ferdinand Oyono. C’est intéressant de comparer ce roman avec d’autre focalisé sur le meme sujet. Une vie de Boy, a travers l’innocence du protagonist Toundi, relève une vérité sur la colonisation et donne plus de crédibilité a l’auteur; quelque chose dont d’autre auteur on peut être plus de mal a acquérir. Bien que ceci ne soit pas dit explicitement, Ferdinand Oyono utilise des symboles (tel le vols de bananes par Gosier d’Oiseau) et métaphores. Oyono manie la langue et la structure pour mener le lecteur a s’attacher rapidement au personnage de Toundi. On développe de l’empathie envers celui ci qui influence la perspective qu’on a sur la colonisation. Après avoir lu le roman on ne croit plus en des phrases tels "la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique.”( Francois Fillon) Or, on commence plutôt a se pencher sur les opinion de Emmanuel Macron que la colonisation est un «crime contre l’humanité ».