Interview exclusive de Hemley Boum pour Traces Métisses

 

Traces Métisses : Noel, ça se passe comment chez vous ?

 

Hemley Boum : Petite à Douala, nous allions à la messe de minuit, et le lendemain, tous les cousins, oncles, tantes se retrouvaient pour passer un bon moment ensemble. Je reproduis tout cela avec joie. Dès la fin octobre, je commence à réfléchir aux cadeaux, au menu, à contacter les uns et les autres pour organiser les réjouissances, savoir qui reçoit et où. Il m’est arrivé de parcourir des milliers de kilomètres pour passer avec les miens ce moment singulier. Volume sonore des discussions, rires, discussions passionnées, repas partagés, plaisir d’être ensemble…C’est cela noël pour moi, la famille.

 

TM : Quel genre d’enfant avez-vous été ?

 

Hemley Boum : Enfant, je n’avais qu’une hâte : grandir au plus vite, être adulte, décider pour moi-même. Adolescente et jeune adulte, j’aimais la confrontation, le conflit ouvert, j’y voyais la seule forme de revendication ou d’expression courageuse et respectable. Le temps m’a appris à privilégier la diplomatie. Parfois, je me dis que la jeune femme exigeante que j’étais à vingt ans ne serait pas trop déçue par celle que je suis aujourd’hui, je ne l’ai pas trahie.

 

TM : Quelle est votre vision de la beauté ?

 

 Hemley Boum : La beauté est un idéal esthétique une promesse de bonheur. L’esprit, se réjouit à l’avance de ce plaisir, s’en émeut et finit par douter, se contente d’ersatz, se fait une raison… Puis un jour, le regard croise la beauté, et la reconnaît instantanément : « C’est elle ! » se dit l’esprit ébloui, pétrifié. Il avait perdu la foi, il n’y croyait plus, soudain elle est là, loin de ce qu’il avait imaginé, au-delà de ses fantasmes les plus échevelés, présente et entière, insensible à sa dévotion, car ce n’est pas le regard ou même le désir qui crée la beauté. La beauté est la beauté !

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